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La nébuleuse planétaire Helix observée par le 
télescope spatial Hubble. Crédit : 
NASA/NOAO/ESA/M. Meixner/T.A. Rector
La nébuleuse planétaire IC 418. L'étoile au centre s'est transformée en
nébuleuse planétaire il y a quelques milliers d'années. Le diamètre de 
la nébuleuse atteint maintenant 0,2 années-lumière. Crédit : 
NASA/STScI
Les nébuleuses planétaires 
Commençons notre étude de la mort 
stellaire par le cas des étoiles peu 
massives. Les phénomènes qui se 
déroulent après la combustion de 
l'hélium rappellent ceux que nous avons 
décrits précédemment. Au centre de 
l'étoile, les réactions nucléaires 
transforment peu à peu l'hélium et le 
remplacent par de l'oxygène, du carbone 
et quelques autres éléments. Mais arrive 
un moment où la quantité d'hélium n'est 
plus suffisante pour entretenir les 
réactions nucléaires. Celles-ci s'éteignent
et privent ainsi l'étoile de sa source 
d'énergie. Le noyau va par conséquent se
contracter afin d'utiliser son énergie 
gravitationnelle comme nouvelle source. 
Ceci provoque la compression de la 
partie interne de l'enveloppe, riche en 
hélium, qui va atteindre les conditions 
nécessaires au déclenchement de la 
fusion. Une nouvelle coquille en 
combustion apparaît, cette fois formée 
d'hélium.
L'étoile voit sa structure devenir plus 
complexe. Au centre, on trouve un noyau 
de carbone et d'oxygène éteint, entouré 
d'une coquille d'hélium en fusion, 
elle-même à l'intérieur d'une couche 
d'hydrogène en combustion. Le tout est 
enfoui dans une énorme enveloppe 
d'hydrogène qui n'est pas affectée par les 
réactions nucléaires car trop froide. Cette 
enveloppe va continuer à se dilater sous 
l'effet du flux d'énergie en provenance de 
la coquille d'hélium. 

Cette phase de la vie de l'étoile va se 
révéler très agitée. Des instabilités 
apparaissent dans la coquille d'hélium et 
provoquent des pulsations de l'étoile. A 
chacune de ces oscillations, une partie 
de l'enveloppe se détache et est éjectée 
au loin. L'étoile va ainsi perdre peu à peu 
une quantité de matière impressionnante,
dans certains cas une très grande 
fraction de sa masse totale.
Les éjections successives laissent le 
noyau pratiquement nu. Puisque ce 
dernier est très chaud, il émet des 
photons ultraviolets très énergétiques, qui
vont ioniser le gaz de l'enveloppe 
détachée. Celui-ci réémet l'énergie reçue 
sous forme de photons de longueurs 
d'onde plus longues, en particulier dans 
le domaine visible. L'ensemble de l'étoile 
se met ainsi à briller et apparaît comme 
un noyau brillant entouré d'une énorme 
enveloppe lumineuse. Cette phase va 
durer environ 50 000 ans, jusqu'à ce que 
le gaz se disperse et devienne finalement
trop ténu pour être visible. 

L'éjection se faisant de manière 
symétrique autour de l'étoile, l'astre 
apparaît sphérique et peut être confondu 
avec une planète dans un petit instrument
d'observation. C'est la raison pour 
laquelle les astronomes d'autrefois ont 
donné à cette phase le nom de 
nébuleuse planétaire. Depuis ces 
premières observations, plus d'un millier 
de ces objets ont été observés, mais leur 
nombre total dans notre Galaxie est 
estimé à plusieurs dizaines de milliers. 
 
© Texte Olivier Esslinger 2003-2006
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La nébuleuse planétaire NGC 6543, observée en 2004 par le 
télescope spatial, qui présente au moins 11 coquilles concentriques 
de matière éjectée. Crédit : NASA/ESA/HEIC/STScI/AURA
La radioastronomie  
La lumière visible est un domaine privilégié pour 
l'homme mais elle ne représente qu'une infime 
fraction du spectre électromagnétique. Les autres 
domaines de longueur d'onde peuvent aussi nous 
fournir une incroyable quantité d'information sur 
l'Univers. Évidemment, pour être en mesure 
d'analyser cette information, il faut d'abord construire 
des instruments capables de détecter les 
rayonnements en question, ce qui explique que 
l'astronomie non visible ne s'est développée qu'au 
milieu du siècle dernier.
Le premier domaine de longueurs d'onde non 
visibles à être exploité fut celui des ondes radio. 
Quelques observations furent accomplies par des 
pionniers dans les années 1930, mais ce n'est 
qu'après la seconde guerre mondiale que la 
radioastronomie se développa véritablement. 
Depuis, elle est devenue l'un des piliers de 
l'astronomie moderne. En particulier, elle a permit de
découvrir certains des objets les plus intéressants 
de l'Univers, comme les pulsars, les radiogalaxies 
ou les quasars. Elle a également ouvert la voie à 
l'étude des différents types de nuages d'hydrogène 
qui parsèment le milieu interstellaire et où les 
étoiles naissent. 

Par rapport aux autres lumières, les ondes radio se 
distinguent par leurs grandes longueurs d'onde. 
Pour cette raison, il est nécessaire de recourir à de 
grandes antennes appelées des radiotélescopes. 
Parmi les exemples les plus connus, on peut citer le 
radiotélescope d'Effelsberg en Allemagne, une 
énorme antenne parabolique de 100 mètres de 
diamètre, ou bien le radiotélescope fixe d'Arecibo à 
Porto Rico, qui a été construit en tapissant de 
plaques d'aluminium une cavité naturelle de 300 
mètres de diamètre. 

L'un des problèmes majeurs de la radioastronomie 
est la résolution angulaire très décevante, même 
avec des télescopes de plusieurs centaines de 
mètres de diamètre. La solution la plus simple 
consisterait à augmenter encore la taille des 
instruments, mais il n'est évidemment guère 
envisageable de construire des radiotélescopes 
d'un kilomètre de diamètre ou plus. Les 
radioastronomes ont surmonté ce problème en 
construisant des interféromètres, c'est-à-dire des 
réseaux de plusieurs radiotélescopes séparés les 
uns des autres. Si l'on combine les signaux de 
différentes antennes observant simultanément le 
même objet, il est possible d'obtenir de nombreuses
informations sur l'objet et même de reconstruire une 
image de celui-ci. La résolution angulaire de cette 
image est alors déterminée par la taille totale du 
réseau et non celle d'un seul télescope, d'où la 
possibilité de voir des détails très fins. 

L'un des réseaux les plus célèbres est le VLA, au 
Nouveau-Mexique, un ensemble de 27 antennes 
mobiles qui se répartissent sur une région de 20 
kilomètres. Le VLBA est quant à lui un réseau de 10 
antennes de 25 mètres réparties sur tout le territoire 
des États-Unis. Avec cet instrument, la distance 
maximale entre deux antennes est de 8000 
kilomètres, ce qui permet d'obtenir une résolution 
angulaire 1000 fois meilleure que les télescope 
visibles terrestres. Enfin, les meilleurs résultats sont
obtenus lorsque des radiotélescopes répartis sur 
plusieurs continents travaillent ensemble. Cette 
méthode appelée VLBI a été testée pour la première 
fois en 1967 et a permis d'atteindre des résolutions 
angulaires 10 000 fois supérieures à celles des 
télescopes visibles terrestres, un record toutes 
longueurs d'onde confondues. 
 
© Texte Olivier Esslinger 2003-2006
La nébuleuse de la tête de cheval, située à 1400 années-lumière. La 
nébuleuse rougeâtre est une région HII de gaz ionisé appelée IC 434. 
La zone sombre est un nuage de poussière appelée Barnard 33. 
Crédit : ESO/VLT
Le gaz interstellaire  
Si les poussières ont un effet plus visible que le gaz, c'est ce dernier 
qui constitue 99 pour cent de la masse du milieu interstellaire. Suivant 
la température et la densité, le gaz, essentiellement de l'hydrogène, se
trouve sous forme d'atomes, d'ions ou de molécules. 

Hydrogène atomique 

Les régions de température et de densité moyennes sont formées 
d'hydrogène atomique. Sous cette forme, le gaz n'émet pas de 
rayonnement visible, ce qui complique son étude. Il a donc fallut 
attendre l'avènement de la radioastronomie pour pouvoir observer ces 
régions et déterminer leurs propriétés. En effet, l'atome d'hydrogène 
présente une émission dans le domaine radio à une longueur d'onde 
de 21 centimètres. Ce rayonnement, lié à une interaction d'origine 
quantique entre le proton et l'électron qui forment un atome 
d'hydrogène, a été détecté pour la première fois en 1951. Il a depuis 
lors permis d'étudier de nombreuses propriétés des régions 
d'hydrogène atomique comme leur distribution, leur température, leur 
densité, ainsi que leur mouvement. 

Deux types différents de régions remplies d'hydrogène atomique ont 
été mis en évidence. D'abord des nuages froids à environ 100 kelvins, 
appelés régions HI. Ces nuages ont chacun une cinquantaine de 
masses solaires et une densité de l'ordre de plusieurs atomes par 
centimètre cube. En guise de comparaison, la densité de l'air que 
nous respirons est d'un milliard de milliards de molécules par 
centimètre cube. Le deuxième type est un milieu plus chaud à 
quelques milliers de kelvins mais moins dense, avec moins d'un 
atome par centimètre cube. C'est dans ce milieu que baignent les 
régions HI.

© Texte Olivier Esslinger 2003-2006
L'analyse spectrale  
En étudiant le spectre de la lumière provenant d'un 
corps céleste, les astronomes sont capables 
d'apprendre une énorme quantité de choses sur ce 
corps. En effet, le spectre d'un objet peut être 
considéré comme une sorte de carte d'identité : en 
l'analysant avec soin, on peut déterminer de 
nombreux paramètres de l'objet, comme sa 
température, sa composition chimique ou sa 
vitesse. 

Spectre et température 

Commençons avec le paramètre le plus important, 
la température. Imaginons par exemple le cas d'un 
métal qui s'échauffe. Au début, lorsque le métal est 
à quelques centaines de degrés, rien n'est visible à 
l'oeil nu. Néanmoins, il est possible de sentir la 
chaleur du métal en plaçant la main à proximité. 
Cette sensation traduit le fait que le métal rayonne 
une lumière infrarouge qui échauffe la main mais 
n'est pas visible. Lorsque la température continue à 
augmenter, le métal se met petit à petit à briller et à 
devenir incandescent. Sa couleur change également
peu à peu, passant du rouge à l'orange puis au 
jaune. La lumière qui provient d'un corps dépend 
donc de sa température. A quelques centaines de 
degrés, le métal émet dans l'infrarouge, à 3000 
degrés, il rayonne surtout dans le rouge et à 6000 
degrés dans le jaune. 

L'étude du spectre d'un objet nous permet, comme 
pour le métal, de déterminer sa température. Ainsi, 
comme la surface du Soleil nous apparaît jaune, 
nous pouvons dire que sa température est de l'ordre
de 6000 degrés. La relation entre température et 
longueur d'onde d'émission maximale a été établie 
en 1893 par Wilhelm Wien. Elle ne s'applique pas à 
tous les corps, mais uniquement à une classe 
d'objets théoriques et parfaits appelés les corps 
noirs. Heureusement pour nous, il se trouve que les 
étoiles ont un comportement très semblable à celui 
des corps noirs. L'étude de leur spectre nous 
permet donc de déterminer leur température.

© Texte Olivier Esslinger 2003-2006
Luminosité et température des étoiles  
La luminosité absolue des étoiles

Imaginez vous perdu en pleine nuit au 
milieu du désert. Un point lumineux 
apparaît soudain au loin. De quoi s'agit-il 
? D'une lampe de poche à 100 mètres ou 
d'un puissant projecteur à 10 kilomètres ?
En pleine nuit, sans aucun son ou autre 
information, il vous est impossible de 
déterminer la distance ou la nature de ce 
point lumineux. 

Le problème est le même pour les corps 
célestes. Une étoile peu lumineuse mais 
proche de la Terre peut dépasser en éclat
une étoile très lumineuse mais lointaine. 
Il faut donc bien distinguer deux concepts 
: la luminosité apparente, qui mesure 
l'éclat d'une étoile mesuré depuis la 
Terre, et la luminosité intrinsèque ou 
absolue, qui mesure la véritable quantité 
de lumière émise par l'étoile. La première
quantité dépend fortement de la distance 
de l'astre et n'apporte donc pas 
directement d'information sur la nature de
celui-ci. Au contraire, la deuxième quantité
ne dépend que de l'objet lui-même. Elle 
peut nous renseigner sur la nature du 
corps considéré et c'est elle qu'il faut 
chercher à déterminer. 

Pour l'astronome, la difficulté réside dans 
le fait que depuis la Terre nous n'avons 
accès qu'aux luminosités apparentes des
étoiles. Existe-t-il alors un moyen 
d'obtenir des valeurs absolues qui nous 
renseigneraient sur la nature des étoiles 
? C'est ici qu'interviennent les méthodes 
de mesure des distances que nous 
avons vues précédemment. Les 
physiciens savent depuis longtemps que 
l'intensité d'un rayonnement suit une loi 
bien déterminée : elle décroît comme 
l'inverse du carré de la distance 
parcourue par la lumière. Cela signifie 
que si nous mesurons l'éclat apparent 
d'une ampoule à une certaine distance, 
puis que nous doublons cette distance, la
deuxième mesure donnera un résultat 
quatre fois plus faible que la première. 
Connaissant cette loi, il est très simple 
d'établir le lien qui existe entre la 
luminosité absolue, la distance et l'éclat 
apparent d'une étoile. De cette façon, si 
deux des paramètres peuvent être 
mesurés, le troisième pourra être calculé 
facilement. Donc, si l'on peut déterminer 
la distance à une étoile, il suffit de 
mesurer son éclat apparent et d'appliquer
une relation mathématique pour accéder 
à sa luminosité absolue.

© Texte Olivier Esslinger 2003-2006
La nature des nébuleuses 
Grâce aux progrès constants dans les moyens d'observation du ciel, les astronomes du XVIIIe siècle
se rendirent compte qu'il existait de nombreux objets diffus, de nature non stellaire, qu'ils baptisèrent
du nom de nébuleuses. A cette époque, l'astronome français Charles Messier établit une liste d'une 
centaine de ces objets. Il leur donna des noms bien connus, comme par exemple M31 pour la 
galaxie d'Andromède. Au XIXe siècle, William Herschel et son fils établirent une liste de plus de 5000
objets qui devint plus tard le fameux Nouveau Catalogue Général, dans lequel la même galaxie 
d'Andromède se nomme NGC 224. 

Nous savons de nos jours que ces nébuleuses ne sont pas toutes des objets de même nature, 
mais peuvent être classées en différents groupes. On trouve ainsi de simples amas d'étoiles ou 
bien des nuages de gaz, mais aussi des objets extérieurs à la Galaxie. Ce sont ces derniers qui 
posèrent le plus de difficultés aux astronomes et qui nous intéressent ici. Le philosophe allemand 
Emmanuel Kant, qui fut l'un des premiers à réaliser la véritable nature de la Voie Lactée, avança en 
1755 que ces nébuleuses étranges étaient d'énormes regroupements d'étoiles, de nature 
semblable à la Galaxie et situés bien au-delà des limites de celle-ci. Il les appela des univers-îles. 
Plus tard, en 1845, Lord Rosse commença l'étude de ces nébuleuses à l'aide d'un télescope de 
1,60 mètres qui venait juste d'être achevé. Il fut alors en mesure d'observer dans certaines d'entre 
elles une structure spirale très nette et en déduisit que ces objets étaient des systèmes d'étoiles à 
part entière, distincts de la Voie Lactée.

© Texte Olivier Esslinger 2003-2006
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