La radioastronomie
La lumière visible est un domaine privilégié pour
l'homme mais elle ne représente qu'une infime
fraction du spectre électromagnétique. Les autres
domaines de longueur d'onde peuvent aussi nous
fournir une incroyable quantité d'information sur
l'Univers. Évidemment, pour être en mesure
d'analyser cette information, il faut d'abord construire
des instruments capables de détecter les
rayonnements en question, ce qui explique que
l'astronomie non visible ne s'est développée qu'au
milieu du siècle dernier.
Le premier domaine de longueurs d'onde non
visibles à être exploité fut celui des ondes radio.
Quelques observations furent accomplies par des
pionniers dans les années 1930, mais ce n'est
qu'après la seconde guerre mondiale que la
radioastronomie se développa véritablement.
Depuis, elle est devenue l'un des piliers de
l'astronomie moderne. En particulier, elle a permit de
découvrir certains des objets les plus intéressants
de l'Univers, comme les pulsars, les radiogalaxies
ou les quasars. Elle a également ouvert la voie à
l'étude des différents types de nuages d'hydrogène
qui parsèment le milieu interstellaire et où les
étoiles naissent.
Par rapport aux autres lumières, les ondes radio se
distinguent par leurs grandes longueurs d'onde.
Pour cette raison, il est nécessaire de recourir à de
grandes antennes appelées des radiotélescopes.
Parmi les exemples les plus connus, on peut citer le
radiotélescope d'Effelsberg en Allemagne, une
énorme antenne parabolique de 100 mètres de
diamètre, ou bien le radiotélescope fixe d'Arecibo à
Porto Rico, qui a été construit en tapissant de
plaques d'aluminium une cavité naturelle de 300
mètres de diamètre.
L'un des problèmes majeurs de la radioastronomie
est la résolution angulaire très décevante, même
avec des télescopes de plusieurs centaines de
mètres de diamètre. La solution la plus simple
consisterait à augmenter encore la taille des
instruments, mais il n'est évidemment guère
envisageable de construire des radiotélescopes
d'un kilomètre de diamètre ou plus. Les
radioastronomes ont surmonté ce problème en
construisant des interféromètres, c'est-à-dire des
réseaux de plusieurs radiotélescopes séparés les
uns des autres. Si l'on combine les signaux de
différentes antennes observant simultanément le
même objet, il est possible d'obtenir de nombreuses
informations sur l'objet et même de reconstruire une
image de celui-ci. La résolution angulaire de cette
image est alors déterminée par la taille totale du
réseau et non celle d'un seul télescope, d'où la
possibilité de voir des détails très fins.
L'un des réseaux les plus célèbres est le VLA, au
Nouveau-Mexique, un ensemble de 27 antennes
mobiles qui se répartissent sur une région de 20
kilomètres. Le VLBA est quant à lui un réseau de 10
antennes de 25 mètres réparties sur tout le territoire
des États-Unis. Avec cet instrument, la distance
maximale entre deux antennes est de 8000
kilomètres, ce qui permet d'obtenir une résolution
angulaire 1000 fois meilleure que les télescope
visibles terrestres. Enfin, les meilleurs résultats sont
obtenus lorsque des radiotélescopes répartis sur
plusieurs continents travaillent ensemble. Cette
méthode appelée VLBI a été testée pour la première
fois en 1967 et a permis d'atteindre des résolutions
angulaires 10 000 fois supérieures à celles des
télescopes visibles terrestres, un record toutes
longueurs d'onde confondues.
© Texte Olivier Esslinger 2003-2006